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Lin Xiao, lauréate de la bourse BnF/FAn 2026-2027
Le GPR PSL FAn accueille Lin Xiao, linguiste spécialiste des langues sinitiques et de l’histoire du mandarin, dont les travaux croisent philologie, typologie linguistique et humanités numériques.
Présentation de Lin Xiao, boursière BnF/FAn 2026-2027
Linguiste française née à Pékin, Lin Xiao travaille sur les langues et la civilisation chinoises, de la grammaire à l'anthropologie linguistique, dans une perspective typologique, diachronique et comparative qui conjugue la philologie traditionnelle et le traitement automatique des langues (TAL) appliqué à la documentation et aux corpus de terrain.
Ses recherches portent sur : (1) l'iconicité de la syntaxe en chinois (sa thèse de doctorat) ; (2) la typologie des marquages différentiels dans les langues sinitiques, en synchronie et en diachronie (son mémoire inédit d'HDR) ; (3) l'histoire du mandarin : diversité, koinéisation, diffusion et enseignement (porteuse principale de l'ANR-24-AERC-0007-01 ; chercheuse associée à la Bibliothèque nationale de France).
Titulaire d'un doctorat de Sorbonne Université et d'une HDR soutenue à l’École normale supérieure - PSL, elle est lauréate du prix linguistique « Jean-Charles Perrot » de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, obtenu en 2020.
Présentation du Projet HydroKoine : comment le Grand Canal chinois a façonné la langue mandarine ?
« Cartes hydrographiques de Chine (XVIIe–XIXe siècle) et histoire du mandarin : inventaire, isoglosses linguistiques et cartographie interactive ArcGIS Online »
Langue la plus parlée au monde en nombre de locuteurs natifs, le mandarin en compte près d’un milliard en Chine continentale, à Taïwan, en Asie du Sud-Est et dans les diasporas. Sa formation et sa diversité interne restent pourtant mal comprises. Le projet HydroKoine aborde le mandarin comme une koinè, notion empruntée à l’étude du grec hellénistique : une langue commune née du contact entre variétés régionales, bien avant toute standardisation officielle.Le projet s’appuie sur les cartes hydrographiques de la Chine conservées au département des Cartes et plans de la BnF, dont il dressera l’inventaire. Son hypothèse est que les voies d’eau ont servi de couloirs de convergence linguistique, au premier rang desquelles figure le Grand Canal. S’étendant sur 1 776 km entre Pékin et Hangzhou, le Grand Canal est la plus longue voie navigable artificielle du monde ; en 1820, il assurait la subsistance de plus de 126 millions de personnes, soit environ 12 % de la population mondiale de l’époque, grâce au système de transport des grains du tribut. De sa remise en service en 1415 à l’abolition du système grain-tribut en 1901, il aurait favorisé, le long de son tracé, un contact prolongé entre les sous-groupes dialectaux du mandarin : Jiāng-Huái (dont relève Nankin), Jì-Lǔ, Jiāo-Liáo et Pékin. Ce contact aurait conduit à une convergence orientée, ou koinéisation, dans un milieu sociolinguistique marqué par la concurrence entre Pékin et Nankin pour le prestige linguistique.
Pour tester cette hypothèse, le projet superposera dans un SIG des isoglosses du mandarin (phonologie, lexique, syntaxe) aux réseaux hydrographiques géoréférencés. Il en tirera une cartographie interactive en ligne. Il examinera notamment si le déclin du canal au XIXe siècle a accompagné le recul du prestige du mandarin de Nankin.